mardi, septembre 01, 2009

Les fantômes de l'enfance ont la vie dure, et pour cause, ils sont déjà morts



Les fantômes de mon enfance reviennent hanter mes journées. La scénario était parfait : la liberté d'organiser mon temps comme je le souhaitais, la réduction du stress lié à l'environnement au maximum (pas de job, un travail intellectuel prenant mais se pliant à l'organisation que je souhaite lui donner, peu de voisins bruyants dans les parages, pas de vacances en vue avant quelques mois).

Alors go, allons-y pour une petite ré-organisation de ma vie sportivo-nutritionnelle. Objectif : ne pas laisser ce vilain début de ventre s'installer et le bouter hors de mon corps, tout en prenant un peu de muscles au passage. Organisation : un entraînement sérieux, construit et évolutif, et plus que tout, un changement des mes habitudes alimentaires radical : petit déj systématique et copieux, 2 repas équilibrés (et pesées au début ah ah, si si !!!), un goûter, une réduction drastique du petit coup de rouge du soir, la suppression des plats tout prêts de chez messieurs sucres et gras, suppression des bonbons, glaces, et autres réjouissances. Ca c'était le GROS GROS morceau du truc.

En gros, je suis passé en 1 jour d'une alimentation totalement bordélique et trash à des habitudes ordonnées et hyper saines, couplées à un entraînement d'intensité un peu élevé, mais comparable à ce que font des tas de gens.

Les résultats ont été hyper rapides, presque magiques. J'étais en plein Harry Potter. Super motivé, incroyablement en forme, j'étais porté par la foi, littéralement, j'ai touché cette excitation échappant à la raison, dopé par les hormones. J'ose à peine imaginer ce que les sportif d'élite expérimentent à leur niveau, lorsque ces impressions sont à la fois poussées à un niveau mille fois plus élevé et couplé avec la reconnaissance sociale et économique que procure l'excellence.

Me voilà sur mon nuage pendant 3 semaines, mais pas que sur un nuage. J'étais beaucoup plus en forme physiquement aussi, je dormais mieux, j'avais l'air reposé, mes bras avaient grossis.

4ème semaine, de retour d'une semaine chez mes parents, de petits boutons se propagent sur ma jambe et réveillent ma parano qui m'envoie direct le toubib : zona. Rien de grâve, un petit traitement anti-viral et la chose stoppe tout de suite, sans même me déranger vraiment.

J'ai commencé à un peu flipper quand même. Parce que les causes du zona peuvent être liées à une baisse de l'immunité et que cette poussée correspond aussi à mon changement de traitement. Ceci dit, j'ai décidé de mettre ça sur le compte du stress post visite parentale.

Quelques jours plus tard, je commence à tousser, puis être sérieusement fatigué mais je résiste, je continue à faire du sport et je décide d'attendre avant de m'affoler. Et cette saloperie s'accroche, malgré le doliprane, les cachets pour la gorge et autres bondieuseries fournies par certains boutiquiers/pharmaciens.

Dans l'affaire, j'ai tout de même perdu 2 kilos alors que je bouffe 3 fois plus qu'avant. Admettons que j'ai perdu un bonne partie de la graisse que mon alimentation et mes médocs avaient eu la bonne idée de localiser dans mon ventre, mais quand même, 2 kilos en 4 semaines, ça me paraît un peu beaucoup.

Finalement, la fatigue s'intensifie, je crache des trucs tout verts, je dors mal, je retourne chez le médecin. Diagnostic : crise d'asthme. 1 semaine de corticoïdes et d'antibios.

Et là putain, je suis super en colère ! Parce que je n'y aurais jamais pensé, parce que ça ne ressemble pas aux crises d'asthme de mon enfance, et parce que je n'en ai pas eu depuis plus de 15 ans, et parce que JE NE SUIS PLUS UN ENFANT, et parce que ça vient tout foutre en l'air au moment où tout se passait si bien. Putain c'est quoi ce bordel ? Quand est-ce que ces saloperies vont enfin me lâcher la grappe ??? Je peux pas juste faire du sport comme monsieur tout le monde sans qu'une saleté, ou CETTE saleté vienne me faire chier non ? Qui décide que je suis un petite chose fragile susceptible d'être tuée au moindre effort bordel ?

Alors j'ai décidé de continuer, tout en pensant bien que j'allais dans le mur.

Et puis je me suis ravisé parce que je sais aller dans le mur. J'ai failli flinguer un bras un jour, victime d'un tendinite que j'ignorais.

Après 24h de tergiversations j'ai appelé mon médecin pour lui demander si je pouvais tout de même faire du sport et après un moment de stupeur il m'a annoncé : IN-TER-DIT, au moins jusqu'à la fin du traitement. C'est-à-dire jusqu'à la fin de la semaine.

N'empêche, je suis fou de rage.

Ma raison me dit de ne pas passer en force cette fois, parce que ça je sais le faire, dans d'autres circonstances. Et que je prendrais un risque inconsidéré, qui s'est déjà manifesté en début de semaine : être épuisé au point d'avoir du mal à me concentrer et à pondre des idées intelligentes alors que je suis dans la dernière ligne droite avant de terminer un boulot universitaire qui signifiera l'obtention de mon diplôme. Cet enjeu là est suffisamment important pour qu'il prenne le dessus.

Mais je me demande quand même ce qui se passerait si je passais en force ? Face à l'asthme, c'est toujours lui qui a eu le dessus, jamais moi qui lui ai dit : fuck off ! Je l'ai jamais affronté debout en me battant contre lui. Il m'a toujours terrassé au lit et foutu dans l'angoisse.

Ceci dit, c'est pas exactement vrai. Je me souviens maintenant que je tenais souvent à aller à l'école malgré l'épuisement, la difficulté à respirer, les douleurs dans le dos et la tristesse. Mes parents étaient un peu désolé, mais je crois que je voulais simplement être comme tout le monde en fait.

Vouloir être comme tout le monde, c'est peut être ce fantôme là, en fait, que je devrais laisser partir une bonne fois pour toutes.

En hommage à mes crises d'enfance, ce morceau de B. qui représente à la fois tout la souffrance et la colère que je n'ai jamais exprimé sur ce sujet là. La version album de ce morceau m'a immédiatement renvoyé dans ce passé là, et cette version live, exprime bien mieux les sentiments qui m'ont habités pendant 15 ans : l'aspect cotonneux, étouffant, la souffrance physique, et à la fin, soutenu par des cuivres puissants, l'envie de hurler. Voilà, les fantômes avec qui je partage mes nuits en ce moment.

Plus tard, j'irais causer un peu avec la fantôme de la normalité, pour voir comment on va négocier un trêve lui et moi. Je vais le laisser se morfondre un peu dans son coin pendant je prépare la cérémonie d'enterrement de sa toute puissance. A priori, il va résister, je me prépare à être assez agressif pour lui asséner des coups suffisamment puissants pour qu'il s'assoie à la table des négociations.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

merci pour intiresny Dieu

Wajdi a dit…

Salut,

Tu m'as laissé un com chelou dans le style. Je me suis demandé pourkoi tu penses à moi.

Sinon faut pas croire ke tous les sportifs de haut niveau sont riches... Ca dépend un peu du sport ki te fait tripper.

C'est clair ke kan tu bouges ton corps, ca donne de l'energie. Tu dors moins et tu vas mieux. Donc vas y à ton rythme mais accroche toi à la suite.

@ plus