jeudi, octobre 16, 2008

Back to school


C'est la rentrée ?

Une partie de moi a soif d'apprendre, de progresser, de se hisser et l'autre partie résiste, freine, a peur.

Je suis de plus en plus conquis par ces images de deux faces d'une pièce, par les polarités ou peut être plus précisément, par le fait qu'une chose n'existe que par relation avec une chose soit, opposée, soit différente. Pour faire un raccourci rapide, disons que certaines sagesses orientales ont l'air de dire qu'une chose n'existe que parce que son contraire existe. Et les théoriciens du constructivisme disent que l'identité n'existe pas en elle-même, mais qu'elle n'est que le fruit de la relation (sociale). Dans les deux cas, on jette au feu la notion de vérité (ce qui est assez rassurant) et l'important se situe à la fois dans la relation, mais aussi dans les opposés. On peut donc difficilement être heureux sans expérimenter le malheur, le plaisir sans la douleur, être soi-même sans les autres. Les choses, situations, expériences, n'existent que parce que les autres existent. Curieusement, tout les mouvements de pensée et d'expérience dont je m'approche instinctivement semblent aller dans le même sens, avec tout le poids de l'angoisse du vide : si l'identité, les expériences n'existent pas en elle mêmes et que la vérité n'existe pas non plus (ce à quoi je me rallie) reste, tout de même la grand flip du vide et du non sens, de la froideur et indirectement, au final de la mort. Mais plus que la mort, c'est le vide et le non sens qui m'effraient. Et je n'ai toujours pas trouvé de pistes pour combler ce vide là, parce que je commence à croire que la vie spirituelle peut proposer des réponses et surtout, de la chaleur, mais cette route me terrifie car j'avais décidé que jamais, au grand jamais, je n'aurais besoin qu'on vienne me rassurer. Et pourtant, la réalité, c'est que j'en ai besoin, que je le veuille ou non. Peut être que tout ça est aussi un bon moyen de ne pas accepter que, plus qu'une vie spirituelle, c'est d'abord de quelqu'un dont j'ai besoin, un être de chair et de sentiments ; un garçon.

En rentrant chez moi après un dîner sympa, j'ai réalisé que je devais aller faire ma prise de sang 'de tous les 4 mois' demain matin ; je n'arrive toujours pas a y être indifférent, après 13 ans de pratique ! Alors quoi ? Est-ce que c'est 'normal' que je n'y sois pas indifférent ? Bon signe ? Inquiétant ? Ou bien ... Merde quoi ! Ca pourrait être plus simple quand même non, après 13 ans ! Alors je sais me blinder, traverser Paris à jeun à l'aube en vélo pour aller me faire piquer, me marrer avec l'infirmière, prendre un café en face juste après en rentrer chez moi, un peu triste quand même, d'avoir été brave et courageux. Un bon soldat, ça m'avait fait rire sur le coup, mais c'est un peu ça. Je serais bien incapable de supporter l'armée plus de 24 heures, mais s'il fallait aller faire exploser la tronche de types qui le méritent, à mon sens, vraiment, je pourrais accepter des missions d'infiltration, passer de l'autre côté des lignes ennemies, tuer froidement, peut être ? Probablement, oui.